1. Stratégie de l’Institut de Recherche en Biothérapie
:
1.1 Stratégie médicale et scientifique
Les biothérapies, en particulier la
médecine régénératrice, un enjeu
médical majeur et un enjeu économique.
La médecine régénératrice
consiste à réparer des tissus ou des organes
avec des cellules qui ont été modifiées
ex vivo. Cette discipline s’applique à la majorité
des domaines médicaux (cancers, maladies cartilagineuses
et osseuses, insuffisance cardiaque, diabète, hépatites,
dystrophies musculaires et maladies neurodégénératives)
et constitue un des développements les plus prometteurs
en médecine et de l’industrie pharmaceutique
(marché estimé à 10 milliards de dollars
pour 2010). Etant donné l'enjeu médical et économique
de cette discipline, l’état de Californie prévoit
d'investir 3 milliards de dollars (300 millions de dollars
par an) en 10 ans pour la recherche sur les cellules souches.
Les biothérapies révolutionnent les traitements
de certaines pathologies : anti-CD20 dans les lymphomes B
et l’arthrite rhumatoïde, anti-TNF et anti-IL-6
dans les pathologies inflammatoires, traitements ciblés
des cancers, manipulation du système immunitaire en
cancérologie.
L’I.R.B. a pour objectif de développer
de nouveaux médicaments en matière de médecine
régénératrice et en particulier des cellules
médicaments et de nouvelles drogues en biothérapie.
Trois thématiques sont développées
au sein de l'IRB qui répondent aux critères
suivants : excellence scientifique sur le campus de Montpellier
et axe prioritaire du CHRU de Montpellier :
1.1.1 Biothérapie et cancer
Un des objectifs des équipes de l'I.R.B.
est d'identifier les Cellules Souches Cancéreuses (CSC)
- capables de s'auto renouveler et de générer
une diversité de tumeurs - dans les myélomes
multiples ou les leucémies aiguës du myélome.
Ces CSC ont été détectées dans
de nombreux cancers et leur fréquence - 1/100000 à
25% - est un sujet controversé, dépendant de
la précision de la méthode d'analyse. Nous travaillons
à la localisation de la niche des CSC laquelle fournit
aux CSC les signaux de communication nécessaires à
leur localisation, survie, prolifération et différentiation.
Pour permettre l'identification des CSC du myélome,
nous développons des analyses in vitro et in vivo (xénotransplantation
sur des souris immunodéprimées) de façon
à détecter la présence des marqueurs
nécessaires à la multiplication des CSC. En
utilisant les techniques pour exprimer les gênes et
les protéines, nous mettons en évidence les
mécanismes contrôlant la localisation, la survie
et la différenciation des CSC qui sont en contact étroit
avec la niche des CSC. La fonction biologique des protéines
les plus remarquables est étudiée dans le détail.
Nous nous focalisons en particulier sur les gènes et
protéines dont l'expression est liée à
la réponse au traitement et à la survie des
patients dans le but de développer des thérapies
ciblées.
Le développement de stratégies
en immunothérapie chez les patients atteints de myélome
multiple (MM) et leucémies aigües (LA) est un
axe important.
Les patients atteints de MM ou d'LA résistants aux
traitements thérapeutiques conventionnels peuvent être
traités avec des allogreffes après élimination
des lymphocites T du patient. Les lymphocytes du donneur vont
détruire les cellules souches hématopoïétiques
du patient ainsi que les cellules tumorales et lymphocytes
résiduels. La toxicité des allogreffes a beaucoup
diminué avec le développement des traitements
non myéloablatifs. L'utilisation des greffons provenant
de donneurs adultes sans liens de parenté ou de sang
issu du cordon ombilical est possible pour une majorité
des patients éligibles. Le service d'Hématologie
du CHRU de Montpellier est une des principaux centres d'allogreffe
en France. Les équipes de l'IRB essayent de comprendre
les mécanismes qui permettent aux lymphocytes du donneur,
en particulier les cellules NK, de tuer efficacement les cellules
cancéreuses du patient tout en réduisant la
toxicité envers les tissus saints. Les équipes
de l'I.R.B. étudient la façon d'optimiser l'utilisation
des anticorps "monoclonaux", en particulier l'anticorps
anti-CD20, chez les patients atteints de lymphomes B.
Les Biothérapies commencent à
révolutionner les traitements de certaines pathologies
: anti-CD20 dans les lymphomes B et arthrite rhumatoïde,
anti-TNF et anti-IL-6 dans les pathologies inflammatoires
et les traitements ciblés des cancers, modification
du système immunitaire dans les cancers.
1.1.2 Développement pré-embryonnaire
et cellules souches embryonnaires
Le développement pré-embryonnaire
humain est au centre de 2 enjeux médicaux majeurs :
la fécondation in vitro (IVF) et la médecine
régénératrice. En dépit des progrès
importants réalisés dans le cadre de la fécondation
in-vitro au cours des 40 dernières années, 75%
des embryons n'atteindront pas le stade blastocytes (nécessaire
à l'implantation) du fait de défauts lors du
développement. Aujourd'hui, une partie importante de
ces malformations reste inexpliquée. Un de nos objectifs
est d'identifier les anomalies dans la ploïdie et la
maturation moléculaire de l'ovocyte, les cellules de
son environnement, le cumulus et l'embryon précoce.
Les cellules souches embryonnaires humaines (hESC) peuvent
se différencier en toute sorte de tissus in vivo et
in vitro. Du fait de leur pluripotence, les hESC constitue
un modèle essentiel pour la médecine régénératrice.
Les équipes de l'I.R.B. Ont le savoir faire pour générer
des nouvelles lignées de cellules souches embryonnaires
humaines dans des conditions GMP. Elles ont également
le savoir faire pour reprogrammer des cellules humaines adultes
en cellules souches pluripotentes. Un de nos objectifs est
d'obtenir des cellules germinales - ovocytes et spermatozoïdes,
à partir des lignées de cellules pluripotentes
ce qui correspond à une demande médicale majeure
au niveau de la population. Nous avons aussi comme objectif
d'étudier les mécanismes contrôlant la
pluripotence entre autre par des analyses du transcriptome
à haute densité.
Les équipes de l'I.R.B. sont dans une situation privilégiée
en France pour l'étude du développement embryonnaire
précoce allant du stade ovocyte avant la fécondation
à la génération de lignées de
cellules souches embryonnaire et de cellules souches pluripotentes.
Notre expertise en matière de fécondation et
de cellules souches associée à l'utilisation
des techniques génomiques de haut niveau nous permet
d'identifier et de valider des marqueurs de qualité
des ovocytes et des spermatozoïdes, de générer
des cellules germinales à partir de cellules souches
pluripotentes utilisables pour des essais cliniques futurs.
1.1.3 Biologie des cellules souches et médecine
régénératrice
Dans les années 2020, 40 % de la population
européenne aura plus de 65 ans. Cette société
vieillissante développera des maladies diverses qui
auront un impact socio-économique important. Ces maladies
seront majoritairement liées à des dysfonctionnements
chroniques ou aigus des organes.
En cas de dysfonctionnement d'un organe, le traitement consistera
en la réparation tissulaire fonctionnelle, domaine
émergent de la médecine régénératrice.
Cette discipline s'applique à la majorité des
disciplines médicales (maladies cardio-vasculaires,
diabètes, hépatites, maladies neurodégénératives,
maladies des os et des cartilages, dystrophies musculaires)
et constitue un des axes les plus prometteurs pour la médecine
et l'industrie des biotechnologies. Une pléthore de
concepts a été avancée visant à
restaurer le fonctionnement des organes incluant des stratégies
basées sur des médicaments et des gènes
aussi bien que sur la transplantation de cellules, d'organes
et de tissus modifiés par bioingénierie. Un
nombre grandissant d'études mentionnent l'isolement
de cellules souches ou pro-génitrice à partir
de la moelle osseuse ou d'une grande variété
de tissus. La majorité de ces études est basée
sur l'utilisation de cellules souches qui ont été
ou non modifiées ex vivo avant leur utilisation chez
des patients. En dépit des avancées récentes
en matière de biologie des cellules souches, la médecine
regénératrice est encore balbutiante et est
loin d'être utilisée en routine dans le cadre
des applications cliniques. En effet, on ne sait que très
peu de choses sur les mécanismes mise en œuvre
par les cellules souches pour assurer des fonctions vasculaires
ou organiques spécifiques. Partant du principe que
les cellules souches adultes sont capables de reconstruire
les cellules des tissus des organes de façon autonome,
les équipes de l'I.R.B. ont pour objectif essentiel
d'identifier et d'analyser ces signaux qui pilotent la migration,
le renouvellement et la différenciation des populations
de cellules souches adultes et des cellules pro-génitrices.
1.2 Stratégie de l'Institut
Notre meilleur atout pour être présent
dans cette compétition très dure est d’offrir
une chaîne complète allant de la recherche fondamentale
aux applications thérapeutiques. La région Languedoc-Roussillon
est la troisième région française (hors
Paris-Ile-de-France) pour le nombre d’unités
INSERM et regroupe de gros instituts CNRS. Ces structures
de recherche sont regroupées dans des Instituts Fédératifs
de Recherche (IFR) avec des plateformes techniques performantes
et une école doctorale Biologie-Santé de haut
niveau. L'IRB a pour objectif de fournir aux équipes
de ces divers instituts les moyens de développer leur
recherche en biothérapie en liaison étroite
avec les départements cliniques.
Les critères de succès des projets
développés au sein de l’IRB sont :
Une implantation au sein de l’hôpital
qui permet l’utilisation de cellules et tissus humains
avec tous les critères éthiques et l’accessibilité
à des plateformes techniques pour la caractérisation,
le tri, la culture et les modifications de ces cellules,
La présence d'une recherche fondamentale
pour comprendre les mécanismes de croissance et de
différenciation des cellules en lien étroit
avec les unités d'origine,
La présence d'une recherche de transfert
pour adapter cette recherche fondamentale à un usage
thérapeutique qui sera réalisé dans les
laboratoires R&D de l’IRB,
Une assurance qualité de haut niveau
pour sécuriser les travaux de recherche, afin de faciliter
la valorisation et les développements thérapeutiques,
Une valorisation par les partenaires,
Un partenariat industriel pour le développement
d’applications thérapeutiques, notamment dans
les 5 compagnies qui sont hébergées à
l’I.R.B.
Une expertise clinique, notamment avec le
Centre d’Investigation Clinique en Biothérapie
agréée par l’INSERM et le CHRU,
Une maîtrise des coûts de production.
Un projet scientifique et médical devrait déboucher
dans les 5-10 années sur une application thérapeutique
et éventuellement à des médicaments (en
particulier cellulaires) à un coût compétitif.
La conception des travaux de recherche doit intégrer
ce paramètre coût dès le départ.
Les choix réalisés dans une recherche fondamentale
pourront s’avérer critiques pour le coût
final d’un médicament en médecine régénératrice.
Une collaboration étroite entre cliniciens et chercheur,
La présence de plate-formes techniques qui permet à
des scientifiques de se rencontrer et de créer une
masse critique nécessaire à de nouvelles découvertes
La tenue de séminaires internes et externes,
La présence d'un secrétariat et la mise en place
d'une gestion des ressources disponibles pour tous les personnels,
La présence d'un staff administratif multilingue fournissant
des informations et de l'aide aux chercheurs intégrant
l'IRB pour s'installer sur Montpellier et s'y retrouver dans
les rouages administratifs afin qu'ils se concentrent sur
les objectifs en matière de recherche.
Ce sont ces critères de succès
que l’organisation et la direction de l’IRB doivent
garantir à travers la sélection des thématiques
et des équipes, si nous voulons que l’IRB existe
face à la compétition internationale.
Pour réaliser cet objectif, l'I.R.B.
rassemble dans un même bâtiment des laboratoires
de recherche fondamentale de l'INSERM (6 laboratoires, 870
m2), des laboratoires de recherche et développement
du Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier (4 laboratoires,
876 m2), des structures de transformation des cellules et
des tissus à usage thérapeutique ainsi que des
laboratoires pour accueillir des sociétés privées
(5 sociétés privées, 470 m2). Ces différentes
entités sont rassemblées autour de plateformes
techniques communes sur une surface de 658 m2. L’IRB
est localisé sur le site hospitalier de St Eloi du
CHU de Montpellier à proximité de l’Unité
de Thérapie Cellulaire, du service d’Hématologie
et d'Oncologie Médicale et du Centre d’Investigation
Clinique en Biothérapie. L’IRB est situé
à côté de l’institut des neurosciences
INSERM qui a ouvert ses portes en 2004 (120 personnes)
A terme, l'IRB comprendra dans ses différentes structures
environ 130 personnes.

Figure 1 : Schéma d’implantation de l’Institut de Biothérapie sur le site du CHU de Montpellier

Figure 2 : IRB vue extérieure

Figure 3 : IRB hall d'entrée

Figure 4 : IRB couloir d'accès aux laboratoires
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