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2. Projets scientifiques et médicaux
2.1 Données récentes sur les cellules souches
La mise en place de l'Institut s'inscrit dans une progression très
rapide des connaissances sur les cellules souches embryonnaires
et les cellules souches tissulaires. Il est ainsi possible d'obtenir
des lignées de cellules souches embryonnaires humaines (Thomson
et al., 1998), de reprogrammer le génome d'une cellule adulte
animal en génome de cellule embryonnaire par implantation
dans un ovocyte (Wilmut et al., 1997), d'obtenir des lignées
de cellules souches embryonnaires à partir de ces ovocytes
modifiés (Surani, 2001).
La compréhension des mécanismes de différenciation
des cellules souches embryonnaires en cellules souches plus engagées
dans une voie de différenciation et en cellules différenciées
fonctionnelles progresse très rapidement. Il devrait être
possible dans un horizon pas trop lointain d'utiliser ces cellules
souches embryonnaires pour réparer des tissus d'un individu.
Un exemple est la réparation de fonctions neuronales par
des cellules souches embryonnaires dans un modèle murin de
la maladie de Parkinson (Kim et al., 2002).
FIGURE 2 : Cellules souches multipotentielles et médecine
régénératrice
Cependant l'utilisation des cellules souches embryonnaires
peut poser des problèmes d'éthique. La loi Française
prévoit des mesures dérogatoires pour importer des
lignées de cellules souches embryonnaires et de les dériver
à partir d’embryons surnuméraires obtenus par
fécondation in vitro. Il en est de même en Angleterre,
Belgique, Espagne, Italie, Pays Bas, Suède. Aux Etats Unis,
plusieurs dizaines de lignées de cellules souches embryonnaires
ont été obtenues.
Une propriété majeure des cellules souches embryonnaires
est leur capacité de proliférer de façon continue
in vitro et ainsi de générer de très grandes
quantités de cellules différenciées de tel
ou tel tissu. Chez l'animal comme chez l'homme, il n'était
pas possible d'obtenir des lignées de cellules souches adultes
jusqu'à la publication récente d'une série
d'articles récents (Jiang et al., 2002, D'Ippolito 2004,
#2236, Kogler , 2004 #2244). Ces équipes ont montré
l'existence dans la moelle de sujets adultes de cellules souches
proliférant de façon indéfinie in vitro et
ayant une capacité de génération multipotentielle
de différents tissus. Mais ces résultats sont contestés.
Par contre, les données révolutionnaires du groupe
Japonais de Yamanaka sont maintenant étendues et confirmées
par cette équipe et par d’autres équipes. Chez
la souris, seuls quatre gènes (Oct4, Sox2, myc, Klf4) peuvent
conférer des propriétés de cellules souches
embryonnaires à des cellules somatiques (Okita, et al 2007,
Takahashi and Yamanaka 2006). Ces données ont été
étendues à d’autres espèces et en particulier
à l’homme. La sécurisation et la reproductibilité
du processus de dé-différenciation avec la surexpression
transitoire de gènes, pouvant être des oncogènes,
doivent être maîtrisées. Mais des barrières
majeures sont franchies, ce qui ouvre un champ énorme de
reprogrammation des cellules somatiques d’un patient en cellules
souches ayant des capacités de prolifération importante
et de génération de l’ensemble des tissus de
l’organisme.
Cellules différenciées : un exemple donné
par l’immunothérapie anti-tumorale.
Les cellules différenciées peuvent aussi être
importantes pour la médecine régénératrice.
Les cellules dendritiques ou les lymphocytes T sont les exemples
les plus prometteurs (Ridgway 2003). La connaissance de la biologie
des cellules dendritiques augmente très rapidement et rend
possible le développement de nouvelles stratégies
thérapeutiques (Banchereau and Palucka 2005). Des régressions
tumorales impressionnantes ont été obtenues chez des
malades atteints de mélanome réfractaire aux traitements
conventionnels (Dudley, et al 2005). Dans cet essai, des milliards
de lymphocytes T sont produits in vitro et injectés aux patients
comme cellules médicaments.
D’autres voies médicales progressent activement :
la réparation du cartilage à l’aide de chondrocytes
amplifiés, la réparation du pancréas avec des
îlots de Langerhans, la réparation cardiaque avec les
cellules musculaires ou les cellules de la moelle osseuse.
Désormais, nous sommes face à un véritable
challenge scientifique, technologique et médical, qui pourrait
offrir aux patients dans les années à venir des possibilités
de réparation de tissus ou d’organes déficients.
Références :
Banchereau, J. & Palucka, A.K. (2005) Dendritic
cells as therapeutic vaccines against cancer. Nat Rev Immunol, 5,
296-306.
Dudley, M.E., Wunderlich, J.R., Yang, J.C., Sherry,
R.M., Topalian, S.L., Restifo, N.P., Royal, R.E., Kammula, U., White,
D.E., Mavroukakis, S.A., Rogers, L.J., Gracia, G.J., Jones, S.A.,
Mangiameli, D.P., Pelletier, M.M., Gea-Banacloche, J., Robinson,
M.R., Berman, D.M., Filie, A.C., Abati, A. & Rosenberg, S.A.
(2005) Adoptive cell transfer therapy following non-myeloablative
but lymphodepleting chemotherapy for the treatment of patients with
refractory metastatic melanoma. Cancer immunotherapy: moving beyond
current vaccines. J Clin Oncol, 23, 2346-2357.
Jiang, Y., Vaessen, B., Lenvik, T., Blackstad,
M., Reyes, M. & Verfaillie, C.M. (2002) Multipotent progenitor
cells can be isolated from postnatal murine bone marrow, muscle,
and brain. Exp Hematol, 30, 896-904.
Kim, J.H., Auerbach, J.M., Rodriguez-Gomez, J.A.,
Velasco, I., Gavin, D., Lumelsky, N., Lee, S.H., Nguyen, J., Sanchez-Pernaute,
R., Bankiewicz, K. & McKay, R. (2002) Dopamine neurons derived
from embryonic stem cells function in an animal model of Parkinson's
disease. Nature, 418, 50-56.
Okita, K., Ichisaka, T. & Yamanaka, S. (2007)
Generation of germline-competent induced pluripotent stem cells.
Nature.
Ridgway, D., (2003) The first 1000 dendritic cell
vaccinees. Cancer Invest, 21, 873-886.
Surani, M.A. (2001) Reprogramming of genome function
through epigenetic inheritance. Nature, 414, 122-128.
Takahashi, K. & Yamanaka, S. (2006) Induction
of pluripotent stem cells from mouse embryonic and adult fibroblast
cultures by defined factors. Cell, 126, 663-676
Thomson, J.A., Itskovitz-Eldor, J., Shapiro, S.S.,
Waknitz, M.A., Swiergiel, J.J., Marshall, V.S. & Jones, J.M.
(1998) Embryonic stem cell lines derived from human blastocysts.
Science, 282, 1145-1147.
Wilmut, I., Schnieke, A.E., McWhir, J., Kind, A.J.
& Campbell, K.H. (1997) Viable offspring derived from fetal
and adult mammalian cells. Nature, 385, 810-813.
2.2 Projets scientifiques
et médicaux de l’IRB
Notre stratégie est de développer :
Une recherche
fondamentale, pour identifier les mécanismes essentiels de
production de cellules capables de réparer les tissus in
vivo.
Une recherche
physiopathologique, de manière à identifier les anomalies
tissulaires à réparer et les propriétés
des cellules à injecter pour corriger ces anomalies. En particulier,
il est important de parvenir à une réparation à
long terme des tissus in vivo, ce qui requiert une greffe de cellules
avec une durée de vie longue tout en évitant une prolifération
ou une différenciation incontrôlée de ces cellules.
Une recherche
de transfert, pour produire de façon reproductible des cellules
à visée clinique. Ceci requiert l’identification
des paramètres majeurs (milieu de culture, facteurs de croissance,
produits chimiques) qui sont nécessaires à la production
de cellules en milieu complètement défini et à
grande échelle.
Une recherche
clinique pour étudier les propriétés cliniques
des cellules médicaments dans des essais thérapeutiques
de phase I-II-III.
Des prises
de brevets et des coopérations avec des compagnies privées
pour développer des essais thérapeutiques.
La maîtrise
des coûts de production. Un projet scientifique et médical
doit conduire à une application thérapeutique en 5-10
ans et déboucher à médicament commercialisable.
La conception des travaux de recherche doit intégrer ce paramètre
coût dès le départ. Les choix réalisés
dans une recherche fondamentale pourront s’avérer critiques
pour le coût final d’un médicament en médecine
régénératrice.
Les équipes de recherche et cliniques du CHU et du Centre
Régional de Lutte contre le Cancer de Montpellier suivantes
ont déclaré leur intérêt en rejoignant
l'IRB :
Les cancers
avec le développement de thérapeutiques ciblées,
Myélome Multiple : Pr. B. Klein et Pr.
J. F. Rossi (INSERM U1040)
Transplantation allogénique dans les cancers
avec leucémie aiguë: Dr. M. Villalba, Dr. P Ceballos
et Dr. N. Fegueux (CNRS, IGMM)
Identification
des cellules rares dans les cancers et les maladies infectieuses:
Dr. J. P. Vendrell (CHU Montpellier)
La fécondation
in vitro et l'embryologie les cellules souches pluripotentes, la
génération de gamètes avec l’obtention
de nouvelles lignées de cellules ES et la compréhension
des mécanismes contrôlant leur maintenance, différenciation
précoce ainsi que les mécanismes impliqués
dans la fécondation in vitro des ovocytes : Pr. S. Hamamah
et Dr. J. De Vos (INSERM U1040).
La
médecine regénératrice :
Le diabète avec la greffe de cellules
sécrétant de l’insuline ou de cellules souches
chez les patients atteints de diabète de type I qui sont peu
contrôlés par les traitements par l’insuline. Dr.
S Dalle, Pr. E. Renard et Dr. A. Wotjutzyscin.
Les atteintes hépatiques avec la réparation
des tissus hépatiques avec des cellules souches hépatiques.
Dr. P. Maurel, Dr. M. Daujat, Pr. P. Blanc et Pr. F. Navarro (INSERM
U1040).
L’IRB peut accueillir 10 projets de recherche
et favorise le développement de biothérapies dans
d’autres instituts de Montpellier à travers des collaborations
et en donnant accès aux plateformes techniques de l’IRB
aux équipes extérieures. Pour être développé
dans l’IRB, un projet devra être mené par un
clinicien et un scientifique.
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